Chroniques économiques

Voici des chroniques économiques réalisées par M. Patrick REYMOND. Nous le remercions vivement pour ce travail en profondeur.

* CHRONIQUES   DE  MARS 2017:

– Chronique du 3 mars 2017 : LE PIC URANIUM

L’uranium peut être rapproché des ressources fossiles (gaz, pétrole, charbon). Toutes sont dans le sol en quantités limitées, et l’extraction suit partout le même schéma, elle progresse, arrive à un point maximum, et on appelle ce point maximum, le pic, que suit une chute souvent aussi irrémédiable que rapide.

– Atteindre le pic est long, mais la baisse est vertigineuse. La France a atteint son pic charbonnier en 1957, elle a mis 200 ans à l’atteindre, et la production n’a pas mis 50 ans à tomber à zéro. Faute de rentabilité. La fin de l’exploitation a eu lieu en 2004.

– Au niveau mondial, l’uranium pose problème depuis 1989. Cette année là, la production est devenu insuffisante pour la consommation des centrales nucléaires, et seul le désarmement des super-grands ont permis le fonctionnement sans à coups des centrales existantes.
Certaines années, la production ne couvrait pas même la moitié de ce qui était consommé.
La conclusion est simple :  on a vécu sur les stocks.

Couverture

– La production est certes repartie, mais sur un seul pays, le Kazakhstan, qui produit désormais 30 % de l’uranium mondial. Et là-bas, les moeurs sont vigoureuses. Des grèves dans les mines ont fait 70 morts. Police et grévistes se tiraient dessus à la Kalachnikov. C’était en 2012, les bilans officiels oscillaient entre 10 et 70 morts, les bilans officieux parlaient de 300.

C’est donc sur ce pays fragile, « Arabie séoudite de l’Uranium », que repose l’énergie nucléaire, mais la production reste déficitaire.

– Il manque, chaque année, à l’heure actuelle, 20 % de l’uranium nécessaire pour faire fonctionner les centrales nucléaires. Les réserves s’amenuisent donc, d’années en années, et paradoxalement, l’énergie nucléaire a été sauvée… Par Fukushima.

– Fukushima a été l’arrêt quasi total du nucléaire nippon, l’arrêt d’une partie du nucléaire allemand. Mais on parle aussi de sortie du nucléaire en Grande Bretagne, (où ne resterait qu’Hinckley point, si cette centrale était construite), arrêt du nucléaire en Belgique, et aux USA, les exploitants arrêtent aussi les centrales, faute de rentabilité.

15 % de la consommation, s’est donc envolée, et environ 70 centrales arrêtées, le Japon avait vendu ses -maigres- réserves d’uranium, 4000 tonnes, et surtout, avait arrêté d’en consommer 8000 tonnes par an.

Les 3 premiers producteurs d’uranium sont Cameco, (Canada), Areva (France), et kazatoprom (Kazakhstan). AREVA est en quasi faillite(6° année de perte) , Cameco vire ses mineurs par wagons entiers, fait un procès à Tepco (le propriétaire de Fukushima, qui sous prétexte qu’elle n’a plus de centrales nucléaires, ne veut plus continuer à acheter de l’uranium, malgré les contrats en cours) et kazatoprom est un producteur, comme je l’ai dit plus haut, dont la fiabilité est très incertaine.

– Les réserves sont donc très faibles, et les technologies nouvelles dont on parle n’existent pas. Il n’y a pas de milliers d’années de réserves. On ne sait pas faire. Et de toute façon, il faudrait énormément de temps et de ressources pour mettre ces nouvelles technologies (dont on parle quand même depuis les années 1950), soient mises en place.

– Dans les prochaines années, va donc se poser la question de la ressource pour faire fonctionner les centrales existantes ou en construction.

– Moralité, pour la filière nucléaire, le présent est douteux, l’avenir incertain, ou plutôt, l’avenir est certain; c’est la faillite, à terme.
La filière nucléaire civil ne s’est avéré rentable, que parce que c’était les militaires qui ont assurées une bonne partie des coûts, d’extraction, notamment, de recherche ensuite, de réalisation, enfin.

Désormais, les subventions militaires pour l’uranium civil n’existent pas ou plus, et la rentabilité économique n’existe plus. EDF fait des pirouettes comptables pour masquer les pertes, faisant passer la durée de vie de ses centrales, de 40 à 50 ans, en oubliant que si cela se faisait, ce serait au prix de coûteux investissements.

– 2 500 000 tonnes d’uranium ont été produites, 2 000 000 consommées, et une bonne partie de la différence, ce sont les armes atomiques qui la détienne.

Pour finir, le monde de l’énergie, c’est le monde du mensonge à tous les niveaux. Personne ne dit la vérité, de peur de mettre son business en jeu.


–  Chronique du 3 mars 2017: LE DISCOURS D’UN PRESIDENT

Donald Trump a fait son discours au congrès, je vous le résume :

  1. « 94 millions d’Américains ne font plus partie de la population active » (il faut y rajouter les 7.5 millions de chômeurs officiels)
  2. « Plus de 43 millions de personnes sont sous le seuil de pauvreté »
  3. « Plus de 43 millions de personnes vivent grâce aux bons alimentaires »
  4. « Plus de 20% des jeunes en âge de commencer à travailler ne travaillent pas » (Et dans 20 % des ménages en âge de travailler, personne ne travaille)
  5. « Nous avons la pire reprise économique depuis 65 ans »
  6. « Ces 8 dernières années, l’ancienne administration a accumulé plus de nouvelle dette que l’ensemble des autres anciens présidents » (passage du montant de la dette publique de 10 000 à 20 000 milliards).
  7. « Nous avons perdu plus du quart de nos emplois industriels depuis l’adoption du NAFTA » (ALENA en Français, ou traité de libre échange Mexique, USA, Canada)
  8. « Nous avons perdu 60.000 usines depuis l’adhésion de la Chine à l’OMC [Organisation Mondiale du Commerce] »
  9. « Le déficit de notre balance commerciale avec le reste du monde a frôlé l’an dernier les 800 milliards de dollars »
  10. « Les cotisations pour l’Obamacare ont connu des augmentations à deux ou trois chiffres dans tout le pays. Par exemple, en Arizona elles ont augmenté de 116% l’an dernier »
  11. « Nous avons dépensé des milliers et des milliers de milliards de dollars à l’étranger, pendant que chez nous les infrastructures tombent en ruine ».

A ce niveau là, la Californie démocrate, mexicaine, et droits en tous genres qui agite les idées de sécession (dévolution), dépend, pour son eau, essentiellement, de 2 barrages, le Hoover dam dans le Colorado, et le Oroville Dam en Californie. Les deux réunis sont insuffisants, et le Oroville Dam apparait avoir été très ébranlé par les dernières crues, et la mise en fonction de son écrêteur de crues (Une première depuis 1968), et à l’entretien, dirons nous, plus qu’incertain (pour rester dans le politiquement correct), assurent un approvisionnement rationné à l’état. En cas de sécession, donc, la Californie est assurée de connaitre une crise de l’eau carabinée. D’autant que le barrage d’Oroville est situé en « zone rouge », c’est à dire blanche et républicaine, susceptible, elle même, de faire sécession à l’intérieur de la sécession.

Ils peuvent d’ailleurs demander le conseil des Ukrainiens. L’approvisionnement en gaz, était il plus facile (et moins cher), au moment de l’URSS, ou après l’indépendance ? Après l’indépendance, la Russie a fait payer plein pot et plein carat…

Ailleurs, c’est pas meilleur :

– l’union européenne voit sa consommation d’énergie tomber au niveau de 1990. D’ailleurs, dans un certain nombre d’états, la production industrielle est au même niveau, ce qui permet de dire que la construction européenne a été une gigantesque stagnation.

– la principale source d’énergie européenne, la mer du nord, voit sa production s’effondrer. Elle a baissé des 2/3 pour la Grande Bretagne, et de 1/2 pour la Norvège. La Grande Bretagne licencie en masse dans le pétrole, et les investissements y ont baissé de 80 %. La fin de vie du gisement, est proche.

– La Chine a vu, en trois ans, sa production de charbon officielle baisser de 600 millions de tonnes et sa production officieuse de 1200 millions (600 millions de tonnes n’étaient pas déclarées), ce qui indique des gisements de charbon à bout de souffle. Cette année, 3300 millions de tonnes ont été extraites. En 2014, les réserves étaient estimées à 25 ans… Ce secteur, et celui de l’acier, ne survivent que grâce à la bienveillance des pouvoirs publics. La croissance chinoise est de l’ordre, donc, du pipeau de grande ampleur.

– Comme l’économie, c’est le résultat de la transformation de l’énergie (le reste, c’est de la littérature), la baisse des disponibilités énergétiques indique le temps de la récession.

– en France, Laurence Parisot nous a annoncé une crise financière carabinée en cas de victoire de Marine Le Pen aux élections présidentielles. C’est très stupide. Pourquoi les mythiques « investisseurs », détruiraient ils leurs avoirs ? Ce serait de l’héroïsme et de l’abnégation de leur part. D’autre part, l’élection de D. Trump et le Brexit n’ont pas fait, comme promis, ouvrir la terre en deux, et la voie lactée être avalée par un trou noir.

* CHRONIQUE DE FEVIER   2017 :

– Chronique du 25 février 2017: FORTE REMONTEE DE LA MORTALITE ET BAISSE DE L’ESPERANCE DE VIE…

Une forte remontée de la mortalité et une baisse de l’espérance de vie a été observée en 2015-2016, dans trois pays : USA, France, Italie.

Au XX° siècle, et dans sa deuxième moitié, des phénomènes de ce genre n’ont été vu que dans deux endroits :

– en Afrique noire, avec la pandémie de SIDA,

– dans la sphère Soviétique, avec l’écroulement de l’économie et des états.

Il est clair que les pays occidentaux, loin d’être dans la situation décrite dans les journaux télévisés, sont dans une phase économique catastrophique, qui explique largement cette remontée. Tout bonnement, on meurt plus de faim et de misère, surtout d’absence de soins appropriés qui entrainent des décès prématurés.

« La hausse du taux de mortalité néonatale aux États-Unis reflète la non-performance du système de santé dans son ensemble – Nicholas Kassebaum, chercheur  à l’IHME« .
Le système est cher, il dépense 20 % du PIB, et inefficace. l’espérance de vie est supérieur à Cuba, qui dépense des sommes bien petites, en comparaison.

En 2014 (statistiques de la banque mondiale), la dépense atteignait 9400 $ aux USA, pour 817 à Cuba. L’espérance de vie était meilleure à Cuba, plus de 79 ans, pour presque 79 ans aux USA.

Comment expliquer cette différence ?

D’abord rappeler le scandale du Daraprim. Le daraprim était vendu 1 $ la boite. Cette entreprise fut rachetée et le prix passa à 13.5 $.

Puis elle fut encore rachetée, et là, le prix fixé à 750 $. La levée de bouclier pendant la campagne présidentielle fut éloquente, et il faut le rappeler, le même médicament, en Inde, est vendu 1 $ la tablette.

Il y a donc de grosses rentes dans le marché du médicament, dont la fabrication ne coûte presque rien, comme d’ailleurs, dans le cas de la quasi totalité des médicaments.

De plus, le système des mutuelles est coûteux. Il leur faut 15 % de frais de gestion et contentieux, 15 % de frais de commercialisation (la liberté de choix, c’est pas gratuit), et bien sûr, 15 % de rentabilité. Pratiquement, la moitié des cotisations aux mutuelles, va dans le « système ». « L’Obamacare » (système de mutuelle obligatoire), s’est vu suspendre, d’ailleurs, pour une bonne raison : beaucoup de gens ne pouvaient pas le payer… L’augmentation mensuelle d’ailleurs s’annonçait corsée : + 145 $ par mois en 2017…

En France, 2015  a vu la mortalité s’envoler de 7,3 %, le nombre de décès augmenter, et l’espérance de vie diminuer. L’envol de la mortalité n’est en rien causée par le vieillissement, qui aurait vu une montée en puissance progressive, et d’ailleurs, on est encore dans un phénomène de « classes creuses », le nombre de naissances, jusqu’en 1945, étaient peu important.

Là aussi, c’est le délabrement du système de santé qui est en cause. Un animal est plus vite soigné, en France, et avec la même technologie, qu’un être humain… (Et pour beaucoup moins cher).

En Italie, la mortalité a augmenté de 11.3 % en 2015. + 67 000 décès. Un an d’espérance de vie en moins…

«Le chiffre est impressionnant. Mais ce qui le rend tout à fait inhabituel est le fait que, pour trouver une hausse similaire, avec des ordres de grandeur comparables, vous devez remonter à 1943. Et, avant cela, il faut remonter aux années entre 1915 et 1918».

Là aussi, on a la marque, des réelles performances économiques générales, qui sont pitoyables et qui s’expriment dans les urnes, par des votes jugés « inconvenants ».

Bien entendu, on s’exprime, ici où là, pour des refontes des systèmes de soins. En France, des doyens demandent la fin des quotas en médecine. La fixation des prix des soins, et des prix des médicaments, sont des exercices hautement politiques, n’ayant absolument rien à voir avec les « coûts de production ».

Les prix sont fixés d’abord pour faire plaisir à des profiteurs du système, et ensuite, d’après ce que le « consommateur » de soin, est prêt à payer. Ou du moins, ce que les plus riches sont disposés à payer.

Les conditions économiques désastreuses, ont simplement enrayées la possibilité d’augmenter les prix -et d’avoir une clientèle solvable-.

– Chronique du 20 février 2017 : L’ ALENA

L’ALENA, ou la douce musique du libre échange. 

Le traité de libre échange, nord américain, datant de 1994, est suffisamment vieux pour nous montrer ses effets, par rapport à ce qui était attendu.

Ce qui était attendu, et vanté :

« ses partisans affirment que l’ouverture des échanges profitera aux deux pays suivant la théorie des avantages comparatifs. La croissance économique du Mexique va progresser, engendrant création d’emplois, augmentation des salaires et diminution du prix de la nourriture ».

Ce qui est arrivé :

– 5 millions d’emplois perdus dans l’agriculture mexicaine, 2 millions d’hectares en jachères.

– 12 millions de pauvres en 1994, 60 millions aujourd’hui.

– le salaire minimum atteint le 1/3 du minimum vital, il permet d’acheter, en 1994, 38 kg de tortillas, 5.7 en 2008.

– autosuffisant en 1994, le Mexique importe 40 % de son alimentation.

– l’industrie mexicaine, crée à partir de 1940 jusque dans les années 1970, a durement souffert : 28 000 PME ont disparues, elles étaient destinées au marché intérieur.

– les Maquiladoras, ou usines d’exportations, délocalisées des USA n’ont pas compensées les emplois perdus dans le reste de l’industrie, et ne créent aucune richesse au Mexique. Au total, leurs effectifs n’ont pas dépassés, 1.3 million d’emplois, mais ce chiffre a baissé depuis 2007. Elles importent les pièces, et réexportent les produits finis, les produits et les bénéfices ne sont pas taxés. Le salaire est 1/8 de ce qu’il était aux USA.

– Le chômage massif, la pauvreté ambiante permet aux Cartels de la drogue de recruter sans peine. Ils paient bien, ce sont mêmes eux qui paient le mieux, et emploient au minimum 100 000 « sicaires » ou tueurs à gages. Ils font vivre des familles entières, de 20, 30 ou 40 personnes.  En armement, comme en technologies, Ils sont mieux équipés que la police, et disposent même de blindés.

– En guerre depuis 2006 contre les cartels, l’armée mexicaine déploie 36 000 hommes, 150 000 personnes ont été tuées, 30 000 sont portées disparues.

– Devant l’afflux d’armes à destination des cartels, venant des USA, les autorités mexicaines ont demandés, en leur temps, la construction d’un mur à la frontière nord. Le renseignement français estime que la situation à Ciudad Juarez est « pire, que pendant les pires heures de la guerre d’Algérie ».

– La CIA, elle même, est impliquée dans l’approvisionnement des cartels. Surtout quand l’un flanche vis-à-vis des concurrents.

– De nombreux villages mexicains ont du créer une muraille de protection, les ventes d’armes étant  très surveillées, seuls les cartels en disposent. La population n’a que du 22LR. C’est un remake de « la bataille de San Sebastian. »

– Dans certains endroits, d’ailleurs, des milices d’autodéfense se sont crées. Certaines d’ailleurs, fonctionnent désormais comme des cartels.

– La plus grande longueur du mur voulu par Donald Trump a déjà été construite, des crédits existaient déjà et 47 kilomètres étaient déjà programmés, bien avant la présidence Trump.

– l’afflux de travailleurs mexicains aux USA, désormais, n’existe plus. Le nombre d’arrestations est passé d’un maximum de 1 500 000 à 183 000 l’année dernière, et le nombre de mexicains rentrant au Mexique, dépasse celui des arrivées. Souvent, les mexicains au chômage aux USA, demandent l’aide de leur famille au Mexique.

– Le gouvernement mexicain est de plus en plus désargenté. Son budget dépendait essentiellement de la PEMEX (pétrole du Mexique), sa production s’effondre. Le Mexique est clairement rentré dans un pic pétrolier.

Du côté des USA, ce n’est pas brillant non plus. le système de décompte du chômage avoue 7.5 millions de chômeurs, soit 5 % de la population. John William, sur son site, qui décompte à l’ancienne manière, lui, trouve 23.5 % de taux de chômage.

– La réserve fédérale de Saint Louis (Banque centrale), possède une rubrique où elle classe la population : « not in labour force« , c’est à dire qui ne travaille pas, elle atteint 96 000 000 de personnes, en âge de travailler, et qui ne travaille effectivement, pas. (Ils n’étaient « que » 64 millions en 1994).

– On a donc une population inactive de 103 millions de personnes, et les présentateurs télés qui annoncent le plein emploi aux USA, sont simplement, des imbéciles.

– le déficit commercial des USA est à 500 milliards de $. Il avait atteint, avant la crise, 800 milliards.

– l’agriculture US, elle même, ne profite pas de la situation. Les fermiers se sont mis à cultiver le haschich, légalement ou pas, pour gagner leur vie…

Comme on le voit, le résultat de l’ALENA, a été, pour les deux pays, une catastrophe. Un accord, où il n’y a que des perdants...

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